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Aujourd'hui les « camelots du roi » ne sont plus très connus. Il s'agit pourtant d'un
mouvement qui existe encore et qui entre la première et la seconde guerre mondiales était l'un
des principaux mouvements fascistes.
Selon certains historiens, les royalistes de l'Action Française ont formé en France le premier mouvement
fasciste du monde et les « camelots du roi » en formaient les « troupes de choc ». Aujourd'hui encore,
les « camelots du roi » sont à l'origine de la culture de l'étudiant facho : blouson de cuir, barre,
casque, chaussures rangers, le chèche (foulard blanc typique des légionnaires et des royalistes).
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Les « camelots du roi » naissent en novembre 1908. Leur activité a tout de suite
consisté en des affrontements menés par leurs membres étudiant munis de canne à bout ferré
ou de nerf de boeuf. Leur dirigeant est alors Maxime Real del Sarte et l'université annuelle de
l'Action Française étudiante actuelle s'appelle « camp Maxime Real del Sarte ».
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Les « camelots du roi » ont mené une intense agitation nationaliste
contre « l'invasion métèque » et l'un de leurs slogans était la
« La France aux Français », qui a donné l'acronyme « faf ».
Leurs activités sont allés de la propagande (tracts, journaux...)
aux manifestations, comme contre le transfert au Panthéon
des cendres de Jean-Jacques Rousseau en 1912, ou encore le « Cortège national de Jeanne d'Arc » en avril 1925
malgré l'interdiction (18 policiers et 150 militants blessés, 220 Camelots arrêtés).
Naturellement, les « roycos » ont participé à la tentative de putsch fasciste du 6 février 1934, et bien entendu
également aux coups de mains
« anti-gauchistes » durant mai 1968, où les royalistes ont d'ailleurs
donné un important coup de main aux gaullistes.
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Ou encore en 1992 avec des attaques hebdomadaires contre la faculté de la Sorbonne au
moment de l'« affaire Boudarel ». Les « camelots du roi » forment donc
une culture d'extrême-droite toujours présente. Il
s'agit d'une culture du combat associé à un discours ultra-nationaliste,
« une canne dans la main et dans la poche un bon livre ».
Les Roycos sont peu visibles car ils recrutent essentiellement dans les milieux
catholiques ultra-conservateurs, avec évidemment une préférence pour le milieu
aristocrate tel qu'il existe par exemple à Versailles.
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L'idéologie de l'Action française et des « camelots du roi » est
fasciste: antisémitisme, ultra-nationalisme, corporatisme, refus de la
« démocratie marchande ».
Le slogan
« Le royalisme c'est l'anarchie + 1 » résume leur ligne : décentralisation et
apologie de la petite propriété (la référence est Proudhon), l'unité de la société
divisée en corporations étant assuré par le Roi qui est au-dessus de tout et
sert de socle.
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C'est-à-dire que les royalistes sont « monarchistes parce que nationalistes »: selon eux
la monarchie est la forme la plus adaptée pour un régime nationaliste. Il s'agit d'une
idéologie très carrée, les royalistes font partie des
plus armés idéologiquement de toute l'extrême droite.
Ils sont porteurs historiquement d'une stratégie mise au point par Maurras, qui met en
avant le développement d'une contre-culture réactionnaire comme levier de la
prise du pouvoir: c'est leur thèse du « pays réel ».
Ainsi, malgré sa relative faiblesse numérique, tant l'Action Française que Maurras
sont des références incoutournable dans toute l'extrême-droite
française.
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La référence principale des « camelots du roi » est par conséquent Jeanne d'Arc, prétexte
à un culte religieux, nationaliste, engagé militairement. La logique est celle de l'engagement,
de l'affrontement, du sacrifice: bref il s'agit d'une idéologie très utile en temps de crise
pour avoir une mobilisation d'extrême-droite.
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Les Roycos tentent d'ailleurs de sortir leur épingle du jeu afin d'avoir un maximum
de soutiens chez les capitalistes. Si évidemment en tant qu'organisation
l'Action française a soutenu (de manière soit disant
critique) Pétain,
leur chef Maurras parlant même
de « divine surprise » le 9 février 1941, un grand nombre de royalistes sont passés dans la Résistance.
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Les royalistes réécrivent donc l'histoire et se posent en « mouvement » ayant résisté,
afin de montrer leur ligne nationaliste cohérente (par opposition aux autres fascistes
qui historiquement ont exprimé leur nationalisme français en soutenant l'Allemagne).
En cultivant sa particularité avec le reste de
l'extrême-droite et en se présentant comme la seule forme de nationalisme français qui a su
s'implanter et durer, les royalistes veulent apparaître comme la seule organisation fasciste
que les capitalistes doivent soutenir.
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