Le principe de l'anti-antifa





La mouvance «anti-antifa» est née en allemagne au sein d'organisations néonazies dans les années 80, mais existait auparavant sous la forme de l'"anti-anti travail". Le but affiché de l'anti-antifa est dès le début de contrer brutalement les autonomes antifa par un travail de collecte d'information et la constitution de "listes noires".


Il s'agit de rassembler une documentation précise, noms, adresses et toute sorte de données personnelles concernant les antifascistes et de les rendre publiques tout en appelant implicitement à des actes de représaille contre les militants. Tout cela est expliqué dans le manuel de l'anti-antifa.








L'appel à la violence contre les antifa est toujours plus ou moins sous-entendu. le mot d'ordre étant diffus, la menace elle-même est constante, visant à créer un climat de terreur psychologique. tel ou tel groupe muni de ces informations, ou même un individu isolé, est en permanence susceptible de pouvoir passer à l'acte.


Si l'appel à la violence contre les antifas est diffus, l'issue est elle-même sans ambiguïté. Par leur engagement les antifas sont menacés dans leur intégrité. On dénombre des centaines de victimes des fascistes un peu partout en Europe . Ces actes s'inscrivent directement dans le contexte de l'anti-antifa comme étant quelquechose de construit..








L'«anti-antifa» n'est pas un "follklore" pratiqué par une poignée d'extremistes coupés du reste de l'extrême droite.
Au contraire l'anti-antifa est toute une méthode construite et pratiquée à l'intérieur des mouvements néo-nazis et néo-fascistes dans le but de collecter des information, de terroriser et favoriser les violences contre les antifascistes.


L'anti-antifa ne se limite pas à brutaliser les seuls antifascistes de l'action antifasciste en tant qu'autonomes mais va viser toutes les personnes, qu'elles soient engagées dans les partis institutionnels de gauche, universitaires ou autres.
Le site antiantifa.net, par exemple, publie des listes de noms de personnes engagées à différents niveaux dans l'antifascisme en hollande.








En juin 2008, le site antifaahahah.be a ainsi hacké la liste de diffusion des membres du réseau resistances.be et diffusé les coordonnées de centaines de "personnalités" univeristaires, politiques et associatives abonnés aux publications de resistances.be.
Pour la partie francophone, c'est principalement ce blog qui assure la diffusion de la propagande anti antifasciste. le propriétaire du nom de domaine est Hervé Van Laethem, du mouvement "Nation".
Hervé Van Laethem est connu pour être négationniste. Son groupe "L'Assaut" s'occupait ainsi de la sécurité de Robert Faurisson ("historien" niant les chambres à gaz) à l'époque ou il diffusait ses idées par des conférences en Belgique.


On trouve des groupes similaires partout en europe. Par exemple en Italie, et plus spécialement en Sicile, il existe le blocco studentesco qui met en avant l'anti antifa pour constituer un front fasciste.
L'organisation néonazie Blood & Honour est aussi connue pour assumer l'«anti-antifa» dans différents pays d'Europe.








L'anti antifa pour justifier la violence contre les antifascistes ancre un discours dans l'anticommunisme et développe l'idée que le capitalisme et le communisme sont équivalents, à l'origine de millions de morts durant le XXe siècle...


L'anti-Antifa a dès le départ été conçue par les nationalistes comme un "front populaire de droite ".
Et dès lors, l'anti-antifa est un aspect à part entière de la culture nationaliste "autonome" et ce, dans la logique de le transformer en mouvement de masse. Cela a fait l'objet d'une explication sur le site (voir : nationalistes autonomes).








Pour faciliter la pénétration culturelle de l'anti-antifascisme, l'appel à terroriser les antifas est enrobé d'ironie. Sur ce visuel on dévalorise les antifas comme utilisant un matériel informatique désuet et comme n'étant qu'une bande de planqués de l'internet.


Le groupe de musique d'Allemagne "Kraftschlag" est à l'origine du slogan "antifa ha ha". Le texte de ce qui est un "tube" à l'extrême-droite se moque des antifascistes qui feraient des "phrases vides de sens", issues d'"idéologies mortes".
"Hahaha Antifa la plèbe se soulève! Nous sommes de nouveau là. Le nationalisme nous rend libre. Etre pour l'Allemagne, votre temps est passé. Hahaha Antifa le nationalisme, c'est pourtant évident, nous serons là pour votre enterrement".








La chanson se moque également des antifas, comme quoi ceux-ci chercheraient toujours la protection de l'Etat pourtant honni, et pour leur alliance avec les immigrés sauvages du Kurdistan, bons à expulser.
Cette chanson fasciste finit par le slogan répété : "Front Rouge, meurs! Front Rouge, meurs!"

Le blog Zentropa publie régulièrement des images qui visent à faire passer les antifascistes pour des peureux, des lâches ....








Le groupe de musique néerlandais brigade M a également produit une chanson "antifa ah ah ah". Il est repris dans de nombreuses vidéos sur youtube ou dailymotion ainsi que sur des visuels, voire comme mot de ralliement.
Dans la vidéo prise lors du "European Revolution Tour" on voit par exemple un pseudo antifa avec un panneau se faire bousculer par les membres du groupe.
Ce groupe de musique néérlandais s'affiche comme nationaliste révolutionnaire et se réclame de la "nouvelle droite", se référant au concept de métapolitique (comme quoi tout est politique), le M signifiant Métapolitique. Les membres du groupe expoliquent selon leur propres mots que "l'art est partie intégrante de la stratégie pour la conquête du pouvoir"


La modernité des graphismes, l'utisation des références culturelles de la jeunesse est aussi une caractéristique de l'anti-antifascisme.








Le détournement des références de l'antifascisme, de ses codes, de sa culture, participent à la construction de ce front "populaire" néo-nazi et néo-fasciste. Sur le visuel ci-contre, qui détourne le logo le l'action antifasciste, il est écrit "reset système, reboot socialism". L'anti-antifa s'affiche ainsi comme moderne et révolutionnaire dans le but de capter la jeunesse.